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L'IRM dans les spondylodiscites
Hubert ROUX ( Marseille)
Dans les spondylodiscites infectieuses , l'IRM est l'examen
de choix pour un diagnostic précoce. L'IRM d'une spondylodiscite doit
obligatoirement comporter des séquences pondérées en T1 sans et avec injection
de Gadolinium et des séquences pondérées en T2. Le disque normal en T1
est gris foncé, plus sombre que la moëlle osseuse et que les muscles,
le centre est la partie la plus foncée. La corticale des plateaux est
noire, la médullaire est grise en T1. En séquences T2 le centre du disque
devient blanc, la périphérie est gris foncé. Le vieillissement provoque
une diminution puis une disparition de l'hypersignal central en séquences
T2 et l'apparition d'une
fente noire sur toutes les séquences (Cleft) après 30 ans. En plus des
modifications morphologiques, l'IRM visualise une inflammation associée
à l'infection. La moëlle osseuse normalement présente est remplacée par
un tissu richement vascularisé et oedémateux. La vertèbre est en hyposignal
T1. Au contraire elle apparait en hypersignal après injection de Gadolinium
et en pondération T2. Quand il est infecté, le disque intervertébral apparait
en hyposignal T1 et en hypersignal T2. On note de plus des modifications
morphologiques : aplatissement, disparition du disque.
Les séquences pondérées T1 sont plus sensibles que les séquences
pondérées T2 pour mettre en évidence une inflammation des corps vertébraux
alors que les deux séquences ont une sensibilité équivalente pour mettre
en évidence l'inflammation discale (Duca et Coll 1993). Après injection
de Gadolimium le disque infecté se distingue nettement des autres, il
apparait alors en hypersignal. Cette prise de contraste du disque est
même pathognomonique des spondylodiscites pour certains auteurs (Duvauferrier
et Coll 1993).
Avec la guérision, les signaux IRM se modifient. La recolonisation
de l'os par la moëlle osseuse entraine une normalisation des signaux des
vertèbres. L'hypersignal discal après injection de Gadolinium disparait
plus lentement. L'hyposignal T1 du disque persiste et l'hypersignal T2
se transforme progressivement en hyposignal. Ces modifications du signal
reflètent un état de dégénérescence fibreuse. On note parfois un hypersignal
T1 d'une vertèbre traduisant l'involution graisseuse secondaire de la
moelle osseuse . Les délais de survenue de ces modifications du signal
ne sont pas précisement définies. Il semble que les modifications apparaissent
dans un délai inférieur à 4 mois aprés la guérison. Les séquences en inversion
récupération (STIR) avec annulation des graisses paraissent intéressantes
dans le suivi des ostéites pour différencier les foyers évolutifs des
zones cicatricielles.
L'association d'un hyposignal T1 réhaussé par l'injection de Gadolinium
et d'un hypersignal T2 des plateaux vertébraux du disque permet de distinguer
les spondylites infectieuses des discopathies dégénératives. Dans ces
dernières le disque apparait en hyposignal T2 avec parfois des zones liquidiennes
kystiques en hypersinal. En post opératoire le disque apparait en hyposignal
T1 et en hypersignal T2, mais ni le signal du disque , ni celui de l'os
sous chondral ne sont réhaussés par l'injection de Gadolinium (Boden et
Coll 1992, Wybier 1994).
Les métastases rachidiennes avec envahissement discal semblent
en revanche pouvoir donner les mêmes images que les spondylites infectieuses.
Les ostéonécroses vertébrales et les tassements vertébraux sont
plus facilement différenciables.
L'IRM décelle les épidurites infectieuses particulièrement
sur les séquences T1 avec injection de produit de contraste . Les caractéristiques
de leurs signaux sont identiques à celles des disques et des corps vertébraux
infectés. Les séquences T1 montrent l'interruption du fourreau dural et
la compression par un tissu contenant de petites plages d'hyposignal.
En séquences T2 apparaissent souvent de petites zones de signal de haute
intensité. La distinction avec le liquide céphalo-rachidien (LCR) est
difficile et les meilleurs contrastes apparaissent en T1 avec Gadolinium.
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BODEN
SD, DAVIS DO , DINA TS SUNNER JL , WIESEL ,SW, Postoperative diskitis:distinguishing
early MR imaging findings from normal posoperative disk space changes.
Radiology 1992, 184 765-771
DUCA
S , LO-BELLO, BIANCHI G, DI-PAOLA
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del gadolinio. DPTA Radiol Med 1993: 86: 587-591.
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DUVAUFERRIER
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WYBIER
M.Examen d'imagerie dans la pathologie lombaire dégénérative.Encly Med
Chir (Elsevier.Paris) Appareil locomoteur, 15-840 B-10, 1994.