Hernie
récidivante sur discopathie sévère ou non.
Elsig J.P.J., Zürich
Laloux E., Dijon
Introduction
La
récidive de hernie discale de l’étage opéré n’apparait pas liée à la voie
d’abord mais à la qualité du curetage initial. L’utilisation d’une technique
conservatrice sans magnification optique (loupes binoculaires ou microscope)
par voie unilatérale en respectant lame et articulaire est préférable
limitant les facteurs d’aggravation des éléments de stabilité articulaires,
capsules, ligaments. La simple herniectomie entraine un taux de récidive
de l’ordre de 21% dans la série de Rogers et de 23,3% dans la série de
nucléotomies percutanées à 8 mois de Elsig, alors que le
taux de récidive en cas de la discectomie complète du nucléus est
identique quelque soit la voie d’abord, soit moins de 1,5%. L’évolution
naturelle du disque opéré est une perte de hauteur par déhydratation fibrillaire
de l’annulus, fragmentationdes protéoglycans par modification de la matière
protéique.
Nous
analyserons l’importance du critère de discopathie et l’intervalle libre
entre le premier traitement chirurgical et le nouveau phénomène pathologique.
Certains
auteurs comme Vaughan préconisent d’emblée une arthrodèse pour éviter
la récidive. Le risque de lombalgies rebelles après excision discale simple
est évaluée de 11 à 16% selon les séries. Dans les réinterventions pour
récidive de sciatique après chirurgie de la hernie discale, l’arthrodèse
parait si automatique à certains, qu’elle n’est même plus discutée.
Nous
aurons une attitude méthodologique différente en distinguant deux groupes
de patients suivant les caractéristiques de la sciatalgie et de la lombagie.
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La
hernie récidivante sur discopathie entraine une sciatique pure sans lombalgies
à distance de l’épisode initial, alors une simple reprise avec éxérèse
du séquestre exclu, de la plaque fibrocartilagineuse et du bourrelet discal
fragmenté sont pratiqués. Eventuellement une immobilisation avec un lombostat
pendant la période de convalescence sera nécessaire.
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La
hernie discale récidivante sur discopathie sévère entraine une lombosciatalgie
à distance de l’épisode initial. Nous avons différenciés les critèters
sciatalgiques (éléments de la compression neurologique) des critères lombagiques
(éléments d’instabilité ou de dégénérescence discale). Si le conflit était
lié au bourrelet postérieur qualifié de récidive de hernie par le radiologue,
mais avec un canal de dimensions normales, nous avons préconisé une arthrodèse
antérieure (ALIF) par cage lordosée sans instrumentation. Si le conflit
était lié au remaniement des articulaires postérieures avec recessus latéraux
étroits secondaires, alors une révision canalaire par voie postérieure
avec athrodèse intersomatique instrumentée (PLIF) fut pratiquée.
Matériel
et méthode
Notre
étude multicentrique rassemble une cohorte prospective de 137 patients
souffrant de hernie récidivante avec discopathie modérée à sévère résistant
à un traitement conservateur adéquat. Ces patients ont été traité dans
40 cas par ALIF et 97 cas par PLIF. L’âge moyen pour le premier groupe
était de 40,6 ans alors qu’il était de 46,5 pour le second. Tous les patients
ont été opéré sur 1 niveaux, soit 12 ALIF et 54 PLIF en L4/5, 28 ALIF
et 35 PLIF en L5/S1 et 8 PLIF en L3/4. Tous les patient ont été revu à
distance soit en moyenne à 16 et 21 mois respectivement.
Résultats
Les
patients traités par arthrodèse ALIF ou PLIF ont été suivi à 3, 6, 9,
12 voir 24 mois pour certains. La reprise d’activité professionnelle antérieure
à été de 62,5 et 61%, un reclassement à pu se faire dans 17,5 et 12%,
une rente invalidité a été accordée dans 7,5 et 10% des cas, pour les
groupes restant l’avenir professionnel restait encore incertaint. Le résultat
subjectif était également comparable pour les 2 groupes soit 60 de bons
résultats pour les deux groupes, 32,5 et 32% montrant une nette amélioration,
7,5 et 8% non améliorés ou mauvais. La prise de médicaments antalgiques
était de 38 respectivement de 49% à 1 an et dans la majorité des cas elle
était occasionnelle.
Discussion
Le
traitement de la hernie discale récidivante avec exérèse du fragment conflictuel,
libération sur la racine et contrôle du nucléus ramène un résultat favorable
dans plus de 80% des cas selon la litterature. Les reprises sans arthrodèse
peuvent donner des résultats équivalents à une chirurgie primaire à condition
dévaluer avec précision pas l’anamnèse, la clinique et les examens complémentaires
(imagerie, EMG, ...)et amener ainsi amener le traitement individuel adéquat
pour le patient donné. Néamoins un certain nombre de patients présente
des lombosciatalgies persistantes nécessitant un traitement chirurgical
par arthrodèse. La série de reprises par ALIF ou PLIF montre des résultats
comparables concernant la reprise d’activité professionnelle. Entre ALIF
et PLIF, les résultats subjectifs sont similaires mais la prise de médicaments
à 1 an note une nette prédominace à l’arthrodèse antérieure, probablement
par abscence de lésions musculaires postérieures et de geste endocanalaire
itératif. Le choix entre les deux techniques sera fait par les deux objectifs
suivant: soit le remplacement discal et/ou le geste de révision canalaire.
Une arthrodèse nous semble pas forcément nécessaire, car celle-ci peut
engendrer une dégénérescence précoce du segment adjacent. Si l’état du
disque fait partie de la symptomatologie et de la limtation fonctionnelle,
alors une arthrodèse intersomatique nous semble incontournable.
Le
praticien optimisera ses qualités techniques
pour favoriser le meilleur devenir à son patient.
Bibliographie:
-
Boulu
P., Benoist M., De la dégénérescence de l’unité fonctionnelle du rachis
lombaire ä la douleur: aspects neurophysiologiques de la lombalgie. Monographie
des journées de l’Hopital Beaujon, p.45-53, Dégénérescence du rachis lombaire,
Sauramps medical
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Balgrist-Zurich
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Pierron
D., Robine D., Abord microchirurgical versus abord classique, étude rétrospective
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Rogers
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Saillant
G., Lemoine J., Instabilité vertébrale et vieillissement du rachis. Monographie
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