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LES INFECTIONS POST-OPERATOIRES DU RACHIS :

TECHNIQUES INDICATIONS ET RESULTATS

DU  TRAITEMENT CHIRURGICAL

 

Etude rétrospective de 9O observations

 

JY. LAZENNEC * - C. LAVILLE** - B. KONE***

 H. GUERIN-SURVILLE*** - R. ROY-CAMILLE***

  G. SAILLANT*** - POLOUJADOFF MP*

* Faculté PITIE-SALPETRIERE - Service d'Anatomie - Paris

** 2O6, Avenue de Versailles - 75O16 PARIS

*** Hôpital PITIE-SALPETRIERE - Sve de Chirurgie Orthopédique - Paris

 

RESUME

 

 

L’infection post-opératoire de la chirurgie du rachis est une complication largement documentée dans la littérature. Les auteurs rapportent une série de 9O observations            suivant une stratégie homogène basée sur l’excision des tissus infectés et nécrosés associée à un traitement général antibiotique. Les auteurs analysent les résultats en fonction de la sévérité de l’infection  basée sur le type de germes et les associations, le terrain des malades, le retard diagnostique et l’extension anatomique des lésions infectieuses. L’individualisation entre infections superficielles et infections profondes ne présente aucun intérêt dans les choix thérapeutiques et risque de conduire à des  gestes trop limités. Il faut opposer les infections classiques essentiellement liées aux staphylococcus aureus souvent rattachées à une porte d’entrée de la sphère urinaire ou digestive et les infection sévères plus souvent liées à une contamination profonde  per-opératoire ou à un état général très altéré. Si dans ces cas le diagnostic est souvent précoce, les infections du premier groupe sont plus souvent cachées par la prédominance de la porte d’entrée.

 

Cette série  présente essentiellement des abords postérieurs du rachis avec ou sans instrumentation. Les problèmes techniques liés au traitement dépendent de la localisation en particulier au niveau de la cyphose thoracique ou des masses musculaires lombaires dont la nécrose est parfois extensive. Le rachis cervical infecté sur un abord antérieur doit imposer  la recherche d’une lésion pharyngée.

 

L’ablation du matériel ne doit  pas être systématique car elle peut provoquer des destabilisations mécaniques, sources de complication à court ou moyen terme. Une infection postérieure même sévère n’impose pas un abord antérieur complémentaire mis à part les cas très particuliers de greffe intersomatique.

 

La pseudarthrose sur un rachis opéré initialement pour obtenir une fusion reste la complication mécanique majeure. Un antécédent d’infection postérieure, même sévère, n’élimine pas la possibilité d’un rattrapage ultérieur par un abord antérieur de greffe et d’ostéosynthèse.

 

Dans cette série, les complications neurologiques liées à l’infection  n’ont pas été retrouvées. Néanmoins, 8 décès sont à déplorer chez des sujets à l’état général et neurologique initial catastrophique. Ceci souligne l’importance du traitement général associé au traitement local de l’infection et la nécessité d’un bilan rigoureux au moment des choix thérapeutiques.

 

MOTS CLEFS

- Spinal implant

- Spinal infection

Les taux d’infection rapportés dans la littérature pour la chirurgie du rachis ont évolué en fonction des techniques opératoires et des développements de l’antibiothérapie prophylactique per et post-opératoire (1,2,3,1O,12,14). LONSTEIN (7,8,15) WINTER et MOE (11) rapportent un taux de  7% réduit à 3,6%  de 196O à 1985 pour des instrumentations postérieures par tiges de Harrington.  Pour KOSTUIK (6)  le risque  est de 8,5%.  Dans leurs publications, ROY-CAMILLE (13) LOUIS (9) et ZUCKERMAN (16) décrivent des  taux voisins de 6%.  Le germe le plus fréquemment rencontré est le staphylococcus  aureus ( KELLER, PAPAS) (5).

 

Les buts du traitement chirurgical  sont d’éradiquer l’infection et  d’obtenir une fermeture stable de la plaie. Si une fixation a été pratiquée, il faut tenter d’en maintenir l’intégrité qu’il s’agisse de l’instrumentation ou des greffes qui conditionneront la stabilité  ultérieure.

 

L’objectif de cette étude est une analyse des problèmes anatomiques  et mécaniques associés aux conditions infectieuses qui influencent  la stratégie thérapeutique. Ces aspects sont étudiés en fonction de la sévérité des infections,  du terrain,  de la  localisation et de l’association à un matériel d’ostéosynthèse.

 

MATERIEL ET METHODES

 

De 1981 à 1992,  9O dossiers  ont pu être exploités.  Il s’agit de 34 hommes  et 56 femmes dont l’âge moyen est de 51 ans et le recul de 4 ans 7 mois. Pendant la même période, 29 cas supplémentaires ont été traités mais n’ont pu être inclus dans cette étude. (7 cas ont un recul inférieur à 2 ans,  9 n’ont pas été  revus et 13 concernent des patients polytraumatisés avec une ou plusieurs autres localisations osseuses infectieuses). Il s’agit de 16 rachis cervicaux, 16 rachis thoraciques et 58 rachis lombaires.

Le délai pour le diagnostic d’infection post-opératoire n’est pas constant : nous avons distingué des cas :

- de diagnostic précoce (moins de 15 jours)  (87 cas)

- de diagnostic retardé (de 1O à 21 jours)  (16 cas)

- et de  diagnostic tardif (au delà de 21 jours)   (21 cas).

Les étiologies sont regroupées dans le tableau (1) .

 

21 patients présentent un déficit neurologique :

- 1O paraplégies

- 2 tétraplégies

- 9 déficits radiculaires aux membres inférieurs.

 

Parmi les rachis traumatiques  secondairement infectés (18 cas), on retrouve 5 rachis cervicaux dont 3 neurologiques, 3 rachis thoraciques dont 2 neurologiques et 1O rachis lombaires dont 4 neurologiques.

 

81 cas comportent une  ostéosynthèse, 75 par une simple approche postérieure, 5 par une approche combinée antérieure et postérieure (2 rachis cervicaux, 3 rachis  lombaires) et un seul cas a bénéficié d’une fixation antérieure pure ( 1 rachis cervical). Tous les montages postérieurs sont des ostéosynthèses par plaques et vis pédiculairees à l’exception de 4 instrumentations de Cotrel  Dubousset et 2  fixations de type  Harrington. 

 

Pour l’ensemble de ces cas, la stratégie chirurgicale a été constante, à savoir une exploration la plus rapide possible de la plaie par ponction ou par abord direct, une  excision large des tissus infectés et  une irrigation au sérum  et aux antiseptiques en per-opératoire. Toutes les plaies ont été fermées sur un draînage chirurgical à l’exception de 4  cas traités en cicatrisation dirigée (rachis ouvert).

 

- L’identification des germes  a souvent été difficile. Elle  a été essentiellement réalisée grâce aux hémocultures, à la ponction pré-opératoire et aux prélèvements per-opératoires. Ces prélèvements sont capitaux s’ils permettent d’adapter le traitement antibiotique. 3O patients ont posé des problèmes sévères pour  l’identification du ou des germes en cause (en particulier 21 traitements antibiotiques institués dans d’autres départements).

 

- L’antibiothérapie est suivie par voie générale avec en règle 2 antibiotiques adaptés jusqu’à l’ablation des drains (habituellement 2 à 3 semaines) puis un relai per os en monothérapie jusqu’à disparition du syndrôme inflammatoire ou jusqu’à la fin du 3ème mois après la reprise. 

- Un traitement général est associé au  traitement antibiotique :  pour la restauration de l’état nutritionnel et physiologique, une mobilisation des patients est réalisée la plus rapide possible. -  Le draînage est laissé en place jusqu’à stérilisation du foyer. Il n’est supprimé que lorsqu’il est tari après mobilisation progressive des drains. Il permet la surveillance du traitement : (culture, dosage des antibiotiques dans le liquide de draînage).

 

Les critères de guérison de l’infection sont cliniques et para-cliniques. Nous avons tenu compte de la stabilité de la fermeture cutanée, de la normalisation de la formule sanguine, de la vitesse de sédimentation et de la C réactive protéine. Un suivi d’au moins 2 ans a été respecté pour tous les patients de cette série. 

 

RESULTATS

 

Les cas de  cette série ont été analysés en fonction de la sévérité de l’infection, de l’état physiologique du patient et des problèmes spécifiques liés à la localisation. Nous avons adopté la classification de THALGOTT (4) qui caractérise la sévérité de l’infection en distinguant 3 groupes de patients :

- le groupe 1 correspond à une infection par un seul germe, qu’elle soit en apparence superficielle ou profonde

- le groupe 2 concerne les infections par plusieurs germes souvent cliniquement sévères

- le groupe 3  associe les cas d’infections à multiples germes avec nécrose extensive.

 

Ce même auteur sépare les patients en   3 classes : 

- la classe A correspond aux patients présentant des défenses systémiques normales

-  la classe B où il existe une ou plusieurs déficiences associées  éventuellement à un tabagisme

- la classe C où il s’agit de patients immuno-déprimés, de polytraumatisés ou de malades  dénutris).

 

Les localisations cervicales  thoraciques et lombaires seront successivement étudiées.

 

 

A - RESULTAT EN FONCTION DU TERRAIN

 

1°) 1ERE CATEGORIE D’INFECTION

 

 Ce groupe correspond  aux infections dites « classiques » (34 cas). Les germes retrouvés sont présentés dans le tableau 2.

 

 

Dans la majorité des cas, l’infection est liée au staphylococcus auréus. Des associations de germes ont été rencontrées sur 3 patients . Il s’agit toujours de l’association d’un germe avec un staphylococcus aureus.

 

Sur ces 34 infections classiques, un traitement chirurgical a été pratiqué dans 32 cas. Parmi ces patients, 22 sont  porteurs d’une ostéosynthèse et ou  d’une greffe ossseuse. Seuls  2 malades ont été traités médicalement après la ponction chirurgicale. Il s’agit d’un cal vicieux du rachis lombaire et d’une hernie discale lombaire. 

 

L’âge moyen des sujets est de 48 ans et le délai pour le diagnostic de 26 jours en moyenne. Le temps opératoire initial a été de 75 minutes et la perte sanguine lors de la première intervention de 13OO CC. Une porte d’entrée urinaire a été trouvée chez 1O patients et une infection digestive dans 4 cas.

 

 Le traitement chirurgical de ces infections a nécessité en moyenne 31 jours d’hospitalisation et un traitement antibiotique de 154 jours. Aucune complication n’a été notée dans les deux cas traités par ponction pure.

 

Après traitement chirurgical, nous avons déploré 6 échecs obligeant à 6 reprises chirurgicales pour excision tissulaire complémentaire. Aucun implant n’a été enlevé.

 

Ces cas d’échec après un premier traitement chirurgical  de l’infection sont caractérisés par  :

- un long délai pour le diagnostic de l’infection

- une excision tissulaire  insuffisante

- une fixation postérieure initiale  très extensive 

- tous ces patients sont  de classe B.

 

2°) 2EME CATEGORIE D’INFECTION

 

Nous avons rassemblés tous les autres patients en un seul groupe de 56 cas représentant les infections  « sévères ». Les  germes retrouvés sont encore essentiellement du staphylococcus aureus (34),  multi-résistant dans 21 cas.

 

 

11 de ces patients ne présentent aucune instrumentation. Il s’agit d’un canal cervical étroit traité par laminectomie et de 1O hernies discales lombaires dont 3 avec une greffe associée sans matériel (parmi ces 1o cas, 5 ont déjà bénéficié d’une infiltration discale et ou d’une discectomie percutanée).

 

Parmi les cas instrumentés (45) on dénombre 6 arthrodèses lombo-sacrées pour scoliose dégénérative, 1O rachis traumatiques, 7 fixations pour rachis lombaire tumoral, 11 ostéosynthèses pour spondylolisthésis, 1 cal vicieux  du rachis lombaire, 8 canaux lombaires étroits et 2 canaux cervicaux étroits.  Tous ces patients ont été fixés par voie  postérieure à l’exception de  6 cas.

 

L’âge moyen de ces patients est de 55,7 ans et le délai pour le diagnostic de l’infection est de 9 jours. La durée moyenne de l’intervention initiale est de 3 heures et le saignement au cours de ce geste a été en moyenne de 285O CC.

 

Une porte d’entrée urinaire  a été retrouvée des 1O cas, digestive dans 7 cas.

 

Le séjour hospitalier lié à l’infection a été de 58 jours en moyenne et la durée du traitement antibiotique de 21O jours.

 

- Cette 2ème catégorie peut être étudiée en la scindant en 2 groupes  (2 et 3) en accord avec la classification de THALGOTT.

 

a) Les patients correspondant au  groupe 2 de THALLGOTT (35 cas)  comportent 23 patients de classe B et 12  de classe C. Dans 26 cas, une excision draînage simple a été réalisée. 3 ablations de matériel ont été pratiquées et deux ablations de greffe. Chez 4 patients, la greffe a été enlevée au cours de la chirurgie de reprise, le site nettoyé et la greffe reposée.

 

Dans ce groupe, on  dénombre  27 bons résultats, 6 résultats moyens, 2 mauvais résultats, 1O pseudarthroses sur les 28 cas où une fusion a été souhaitée  ;  4 patients ont dû être ré-opérés.

 

b) Le groupe 3 représente 21 cas (8 patients de classe B, 13 de classe C). Dans deux cas, une simple excision draînage a été réalisée mais 11 ablations de matériel ont été pratiquées ainsi que 8 ablations de greffe.

 

14 patients ont dû être ré-opérés dont 4 plus de 3 fois.

 

On a aboutit à 13 pseudarthroses. 5 patients ont bénéficié d’un apport osseux secondaire avec   une fusion satisfaisante ;  3 ont été repris par voie antérieure pour l’obtention d’une consolidation secondaire.

 

Au total, 6 bons résultats peuvent être retenus.  7 cas ont un résultat moyen.  Dans ce groupe, on retrouve 8 décès.

 

- Si l’on associe les groupes 2 et 3 très proches pour le type des patients, la sévérité de l’infection et les traitements pratiqués, on constate que :

 

. dans 38 cas la  chirurgie a été conduite  en une seule étape. Elle a aboutit à 9 pseudarthroses sur les 35 fusions souhaitées ; toutes les ablations du matériel correspondent à des pseudarthroses.

 

. 18 patients ont subit  plusieurs interventions. On dénombre 14 pseudarthroses sur les 18 fusions  souhaitées initialement.

 

. Les 8 patients décédés sont du groupe 3 et de classe C . Il s’agit 4 fois  de malades paraplégiques dont  l’âge moyen est de 75 ans. (une sténose lombaire, un rachis cervical traumatique et 6 tumeurs métastasées).

 

3 patients sont décédés au cours des 2 premières semaines post-opératoires mais 5 très rapidement après la chirurgie de reprise  (choc septique).

 

 

B - RESULTATS  EN FONCTION DE LA LOCALISATION

 

1°) - Au niveau du rachis cervical (16  cas), les infections sur abord antérieur (1O cas)  posent des problèmes très spécifiques. 8 fois sur 1O, l’infection a été associée à une plaie pharyngée. La guérison de l’infection n’a pu être  obtenue qu’àprès fermeture de cette plaie. 6 patients ont bénéficié d’une suture directe protégée par une alimentation parentérale maintenue une semaine. 1 patient a nécessité une gastrostomie d’alimentation.  Dans 3 cas, un lambeau musculaire à partir du sterno-cléido-mastoïdien a permis de renforcer la suture. Dans les autres cas, une fermeture sur draînage aspiratif a été pratiquée à l’exception de 2 dossiers où une cicatrisation dirigée a été obtenue à partir de la profondeur.


2°) - Au niveau du rachis thoracique (16 cas), tous les patients ont été traités selon notre attitude chirurgicale classique sauf   4 patients qui ont bénéficié d’une cicatrisation dirigée.

 

Aucun lambeau de fermeture n’a été nécessaire mais l’usage de lit fluidisé a été particulièrement déterminant pour éviter les difficultés de cicatrisation sur la cyphose thoracique

 

3°) - Au niveau du rachis lombo-sacré (58 cas),   les conditions chirurgicales rencontrées sont particulières ; on note en particulier des dégagements très larges pour l’obtention de la greffe à partir de la crête iliaque (11 cas) ou la fréquence des  vissages pédiculaires convergents  ( 12 cas)

- une greffe postéro-latérale très abondante ( 22 cas). 

 

La propagation horizontale de l’infection est également particulière . En effet, certains patients ont pu présenter une propagation vers l’avant, d’autres par contiguité dans le plan vertical.

 

a) la contamination « horizontale » a aboutit à une  discite dans 9 cas. 4 fois, il s’agit initialement d’une simple excision discale pour hernie discale mais chaque fois pour des interventions itératives. 4 patients présentent une effraction  du plateau vertébral par des vis pédiculaires dont l’extrémité est intra-discale. Un patient présente une infection sur une greffe intersomatique avec cage posée par voie postérieure.

 

Dans 1 cas, il s’agit manifestement d’une contamination directe après une discectomie percutanée. Ce patient de groupe 1 dont le diagnostic a été précoce a donné un bon résultat final. Quant aux autres cas, le traitement a été beaucoup plus long et délicat. Les 4 cas de contamination au contact de l’extrémité des vis ont nécessité une ablation de matériel et  un curetage du trajet des vis. Un abord antérieur complémentaire a été indispensable pour enlever la greffe intersomatique et sa cage . Dans ce cas, le matériel postérieur n’a pas été enlevé.

 

b) la contamination adjacente (3 cas) pose d’autres problèmes. Il s’agit de 3 fixations lombo-sacrées  L3 sacrum avec la contamination du disque sus jacent L2 L3.

 

2 fois, encore, on peut déplorer des vis pédiculaires dont l’extrémité est intra-discale. Dans ces deux cas, le matériel a été enlevé après 1O mois de traitement antibiotique. Ces 3 patients présentent un bon résultat sans fusion de l’étage sus jacent mais avec une lésion discale dont le pronostic évolutif est impossible à définir.

 

DISCUSSION

 

L’analyse de cette série sur 1O ans montre peu d’évolution des germes rencontrés. Il s’agit essentiellement du staphylococus aureus seul ou en association. L’augmentation des germes résistants et les modifications liées au terrain (patient immuno-déprimé, sujet très âgé) poseront à l’avenir des problèmes médicaux de plus en plus importants associés aux problèmes chirurgicaux. Une porte d’entrée avec contamination secondaire du rachis est fréquemment rencontrée (urinaire  2O /9O  ; digestive    11 /9O).        

 

Le traitement des infections post-opératoires du rachis pose le plus souvent le problème de l’indication chirurgicale de reprise. L’opposition entre infection profonde et superficielle ne trouve pas de justification après l’analyse de ces dossiers. Le 1er objectif est de ré-intervenir à temps.  Un bilan précis doit être établit pour séparer les infections sévères conditionnées par l’extension de l’abord initial, l’importance de la nécrose associée, le type de germe et les associations, l’état du patient et la localisation anatomique. 

Si ces infections sévères poussent  rapidement à la chirurgie, il faut se méfier des infections larvées et décapitées qui poussent  à un  attentisme  coupable, surtout si le tableau clinique est dominé par une autre porte d’entrée.

 

La  chirurgie de reprise doit être suffisante pour éviter des gestes itératifs. La cause essentielle d’échec est représentée par l’excision tissulaire insuffisante et l’exploration incomplète de la plaie (en particulier du site de prélèvement de la greffe sur la crête iliaque). 

Dans notre série où la majorité des  patients a été opérée par voie postérieure pure, cette chirurgie de reprise a été pratiquée par la même voie. Seul, un cas présentant une greffe intersomatique avec cage a nécessité un abord antérieur complémentaire.

 

Même chez les malades opérés par voie antérieure initialement, la nécessité d’une excision osseuse large ne nous apparaît pas nécessaire pour éradiquer le foyer infectieux. L’’excision des tissus nécrosés, l’ablation des séquestres osseux et le contrôle d’une éventuelle source de contamination (brêche pharyngée au niveau du rachis cervical) sont suffisants.

 

La chirurgie de reprise  ne doit pas  être excessive : l’ablation du matériel d’ostéosynthèse n’est pas sytématique. Elle est nécessaire lorsque des vis dont l’extrémité est intra-discale entretiennent la contamination d’un espace intervertébral. Par contre, un matériel d’ostéosytnhèse contaminé peut être laissé en place s’il continue à assurer son rôle de fixation. Il n’empêche pas la guérison d’une infection si l’antibiothérapie peut être adaptée à un germe précis et si l’excision et le draînage des parties molles environnantes est correctement assuré. 

L’étude de nos dossiers montre que des vis cassées  dans un corps vertébral peuvent être  laissées en place s’il n’y a pas d’effraction discale.

   

CONCLUSION

 

Le développement de la chirurgie du rachis a inévitablement entraîné une inflation des complications en particulier chez les sujets à risque âgés  ou immuno-déprimés. A cô é des problèmes médicaux spécifiques liés aux terrains, aux germes, aux modifications de l’écologie microbienne en particulier hospitalière, des problèmes chirurgicaux importants sont liés aux infections post-opératoires du rachis. 

 

La lourdeur du geste chirurgical initial , l’importance des lésions des parties molles, l’expérience du chirurgien  sont des facteurs essentiels qui conditionnent  la survenue d’une infection post-opératoire au même titre que les pathologies propres du patient.

 

La prévention de l’infection est à la fois per et post-opératoire. Si l’antibiothérapie prophylactique a fait diminuer les risques septiques, l’amélioration des matériels, la simplification de leur utilisation et surtout la précision des indications doivent faire encore diminuer ces taux qui avoisinent les 6% toutes étiologies confondues. La chirurgie de reprise en cas d’infection post-opératoire ne doit être ni excessive ni trop limitée. L’ablation du matériel ne doit pas être systématique : elle doit être discutée en fonction de chaque cas car elle peut conduire à des complications mécaniques sérieuses (cyphose, destabilisation, pseudarthrose).  Néanmoins, l’extension des techniques de greffe intersomatique avec  cages et le développement des prothèses discales risquent  de poser de nouveaux problèmes stratégiques en cas de contamination et de nous faire étendre nos indications d’abord antérieur complémentaire.

   

 

 

 

 

 

Hernie discale lombaire

Tumeur                                                 15

Scoliose                                                               6

Spondylolisthésis                              13

Canal lombaire étroit                          10

Canal cervical étroit                             6

Cal vicieux                                             3

Rachis traumatique                            18

                            

                               Tableau 1

 

 

 

                                                                                           

staphylococcus aureus                     25 cas 

escherechia coli                                 5 cas

entérobacter cloacae                            3 cas

 streptocoque                                        1 cas

                    

                               Tableau 2

 

 

 

 

 

staphylococcus aureus     34 cas

 entérobacter cloacae         8 cas

 streptococcus                    2 cas

 proteus mirabillis               5 cas

 escherechia coli                 9 cas 

 klebsiellas                            6 cas

 pseudomonas                     5 cas

 

                      Tableau 3