JC.LOKIETEK,*
H.FARGHADANI,** C.BOSSUT***
« La Chirurgie rachidienne par voie postérieure et instrumentée
par vis pédiculaires : complications liées au matériel «
Matériel et méthode
Revue
de 11O dossiers de patients opérés par le même chirurgien (chirurgie par
voie postérieure et instrumentation par vis pédiculaires.)
Recul :
8 ans à 1 an. Historiquement, instrumentation par matériel suivant :
Graf , Cotrel Dubousset, Isoloc, Colorado et TTL.
Mode
opératoire : voie postérieure,
position genu-pectorale , table
type Maquet avec appui thoracique et appui sur les crêtes iliaques .
Voie
d’abord : médiane ,
dégagement des muscles para-spinaux.
Point
d’entrée des vis pédiculaires : selon Argenson . Palpation per-opératoire par des broches de Kirschner . Radioscopie
en arceau mobile. Chaque
visée pédiculaire est contrôlée en scopie.
79
patients retenus (les patients
ayant un score d’Oswestry pré-opératoire et post-opératoire) par un observateur
neutre.
Indication
opératoire : de l’instabilité à l’arthrose (y compris canal étroit
) , de la lombalgie à la lombo-sciatalgie et reprises d’interventions
réalisées dans d’autres institutions.
Résultats :
Nombre
moyen de niveaux : 2.
Score
d’Oswestry pré et post-opératoire noté bien qu’il ne s’agisse pas du but
essentiel du travail.
Remarque
principale : sur 79 patients, 11
présentent une aggravation, 18
ne sont pas statistiquement améliorés ; 5O éprouvent une amélioration de leur état.
Estimation
personnelle de ceux-ci (cotation personnelle sur 1O avant et après l’opération) :
diminution
du score : 1O patients , statu quo : 4, pour les autres : amélioration.
Complications
globales : 5 cas de rupture de
matériel (vis cassées), 2 cas de déchaussement des tiges (avec matériel
Colorado), 1 tassement vertébral
L1 avec migration d’une vis mais sans complication neurologique, 1 thrombose
veineuse profonde ayant entraîné une embolie avec résolution, 1 fibrillation
auriculaire, 2 complications neurologiques :
un foot drop partiellement réversible
et une patiente qui à la suite de plaintes importantes et d’une
mise au point radiologique élémentaire a été réopérée pour suspicion de
mal position d’une vis S1 droite. La myélographie pratiquée dans un autre
établissement n’a cependant pas montré de compression radiculaire
(Cette
patiente a d’ailleurs réclamé des dommages et intérêts.)
Réinterventions :
17 dont 8 suite aux complications sus-mentionnées ; les autres
soit pour rupture de ligament artificiel (Graf) ou pour insuffisance de
prise de greffes.
En
conclusion:
La chirurgie rachidienne par voie postérieure avec fixation par vis pédiculaires
est une chirurgie qui n’est pas dangereuse si elle est pratiquée de manière
méthodique (notamment scopie per-opératoire)
Nous
ne voyons donc pas l’indication de la visée pédiculaire assistée par ordinateur.
L’amélioration
de la qualité du matériel et surtout de la facilité de pose est plutôt
l’élément essentiel garantissant le succès.
*
Chef de service Chirurgie Orthopédique, CHR de la Haute Senne –
SOIGNIES –
(Belgique ) consultant à l’UCL
(Mont Godinne , service du Professeur W.LOKIETEK)
**
Assistant en chirurgie
***
Etudiant chercheur