BIOMECANIQUE
ET TRAUMATISME DU RACHIS CERVICAL
Christian
BRUNET, Laboratoire de Biomécanique Appliquée, U.M.R. T 24 – INRETS –
Faculté de Médecine - Université de la Méditerranée (Marseille)
Le classique « coup
du lapin » est l’une des préoccupations essentielles des constructeurs
d’automobiles. Les accidents du trafic représentent, en effet, un coût
social important directement imputable, avec des taux d’incapacité permamente
croissants.
Malgré les tentatives de modifications des appuis-tête, de l’habitacle,
des ceintures de sécurité et des coussins gonflables (air-bag frontaux
et latéraux), les sollicitations appliquées au rachis cervical, que ce
soit en choc frontal ou latéral, sont très violentes et se traduisent
régulièrement par des lésions ligamentaires et musculaires.
Un des problèmes majeurs que nous tentons de régler dans notre
laboratoire, porte sur le couplage entre la cinématique appliquée au tronc
et celle relative au bloc « tête-rachis cervical». L’extrémité
céphalique, par son inertie, amplifie les déformations ligamentaires et
capsulaires. Une grande partie de l’énergie dissipée par le choc est absorbée
par les muscles scalènes, ce dont témoigne le plus souvent la douleur
au pincement scalènique post-traumatique.
Nous étudions la cinématique et les niveaux d’accélération subies
par le rachis cervical d’un occupant de véhicule grâce à l’utilisation
de sujets d’anatomie sur lesquels sont disposés des capteurs d’effort
et d’accélération. Parallèlement, des mesures en cinématographie rapide
(plus de 1000 images / seconde) permettent d’analyser la cinématique du
sujet.
Secondairement, les modèles numériques biofidèles du corps humain
(modèle HUMOS) permettent de reproduire ces sollicitations sous forme
de chocs virtuels. Lors de ces simulations, l’outil informatique est utilisé
pour identifier les lésions potentielles des tissus biologiques. Ces simulations
ont pour but de concevoir et d’optimiser des systèmes de sécurité plus
performants au stade du futur véhicule en bureau d’étude.