La chirurgie du canal lombaire étroit dégénératif sans glissement.


Ph.Esposito, D.Maitrot, F.Buchheit.


Service de Neurochirurgie, Hôpitaux Universitaires de
Strasbourg.



Les résultats de la laminectomie décompressive dans le traitement du canal lombaire étroit sont bons ou excellents dans 65 à 90% des cas selon les grandes séries de la littérature. Des facteurs pronostics ont été individualisés tels que l'état général du patient avant l'intervention et la présence de comorbidité telle qu'un diabète ou un terrain vasculaire. L'évolution des techniques d'arthrodèses, instrumentées ou non, a introduit le débat sur la nécessité de recourir à une fusion préventive en cas de lamino-arthrectomie étendue. Cette dernière est réalisée de manière systématique par certains, en cas d'instabilité segmentaire pré-existante par d'autres, ou en aucun cas pour une grande partie des équipes. Le taux de déstabilisation post-laminectomie lombaire est encore mal connu. Il oscille entre 4 et 30% dans la littérature et se heurte à la définition de l'instabilité segmentaire qui diffère selon les auteurs. Il semble par contre que l'instabilité radiologique ne se traduise cliniquement que dans une minorité de cas.
Nous avons revu rétrospectivement 30 patients opérés il y a plus de 10 ans dans notre service et ayant fait l'objet d'une publication sur le traitement du canal lombaire étroit. Il nous apparaît, à la lumière de ces résultats, que les patients qui présentent la moins bonne évolution fonctionnelle sont ceux chez qui existaient des éléments en faveur d'une instabilité segmentaire en pré-opératoire. Nous avons donc pris le parti de rechercher systématiquement les éléments radio-cliniques évocateurs d'une instabilité en pré-opératoire chez les patients porteurs d'un canal lombaire étroit dégénératif avec une hauteur discale conservée. En cas de faillite discale, nous recommandons une arthrodèse instrumentée préventive après large décompression mais nous insistons aussi sur le fait que le premier but du traitement chirurgical demeure
la décompression des structures nerveuses et que l'association à une fusion ne concerne en pratique qu'une large minorité de patients très sélectionnés.