STENOSES LOMBAIRES DYNAMIQUES

P.TROPIANO  J.J.BRONSARD

 

INTRODUCTION

 

Le concept de sténose lombaire est basé sur l’hypothèse qu’il existe un espace minimal nécessaire à la fonction neurale du contenu du canal vertébral et mais dans certaines circonstances cet espace devient trop petit. Dans le cadre des sténose dynamiques, les circonstances sont essentiellement posturales,  par les changements de position qu’elles entraînent mais également par la mise en charge des structures vertébrales. Les fondements de cette pathologie ont été établis par Verbiest(1), qui fut le premier a évalué la taille du canal vertébral dans les sténoses constitutionnelles.

 

LE CONCEPT DE STENOSE LOMBAIRE

 

Sténoses Constitutionnelles

 

La description princeps de Verbiest était focalisée sur la sténose de l’anneau osseux qui constitue le canal vertébral de la vertèbre. Ainsi il fut admis que la sténose constitutionnelle pure était un phénomène permanent non influencé par la posture ou la mise en charge du rachis lombaire. Un rétrécissement constitutionnel peut devenir sténosant et symptomatique quand des phénomènes dégénératifs se superposent sur un canal rétréci. Il est également admis qu’un processus constitutionnel lui-même peut conduire à une sténose définitive. Dans les 2 cas, les structures nerveuses vont être exposées à la compression. Cette forme doit être distinguée des formes congénitales présentes dès la naissance.

 

Sténoses Dégénératives Dynamiques

 

Les modifications rachidiennes secondaires à la dégénérescence vertébro-discale peuvent chez certains sujets normaux, conduirent à la sténose. Pour d’autres sujets cette dégénérescence n’a aucune conséquence. La dégénérescence du complexe tri-articulaire (disque et articulations postérieures) peut conduire à une sténose et être aggravé par des mouvements entre les 2 vertèbres adjacentes. Les sténoses secondaires à la dégénérescence disco-articulaire sont en partie un phénomène dynamique influencé par la mise en charge du rachis et les postures.

Ainsi dans cette forme de sténose, il est possible de séparer 2 différents types de sténoses : une sténose centrale affectant le canal vertébral lui-même et une sténose latérale affectant le canal radiculaire ou les 2.

 

 

L’ANATOMIE

 

Les coupes horizontales sont souvent utilisées dans le scanner et l’IRM pour le bilan des lésions sténosantes. Leur connaissance permet de suspecter l’étendue des lésions. A niveau des pédicules un anneau osseux complet délimite le canal vertébral. Les tissus mous correspondants dans le canal vertébral sont constitués par la queue de cheval, les méninges, le sac dural, la graisse et les veines épidurales. Les modifications dynamiques du rachis vont avoir peu d’effet dans cette zone.

Plus caudalement à la partie supérieure des articulations postérieures, l’anatomie devient plus riche. Ici la capsule articulaire est constituée par la partie la plus latérale du ligament jaune. Le niveau suivant est le niveau discal où l’anatomie est plus complexe. Ventralement, le disque est situé latéralement en regard des facettes articulaires et du ligament jaune. Dorsalement, la zone est occupée par la partie la plus caudale de la lame de la vertèbre supérieure.

Le canal vertébral peut être divisé en 3 zones (2, 3):

Une zone centrale ou canal rachidien, limitée en avant par le disque inter-vertébral et la face postérieure des corps vertébraux adjacents recouverts par le ligament longitudinal postérieur, en arrière par les lames et les ligaments jaunes. Cette zone comprend le sac dural entre l’émergence des racines.

Une zone latérale, le canal radiculaire, correspondant au trajet de la racine depuis son émergence du fourreau dural jusqu’à son passage sous le pédicule. Il peut être divisé en espace rétro discal et récessus latéral suivant le trajet descendant de la racine.

L’espace rétro discal correspond au trajet retro discal de la racine entre son émergence du fourreau dural et son arrivée au contact du pédicule portant le même chiffre qu’elle. A ce niveau les agents compressifs pour la racine peuvent être le disque sus-jacent, l’articulaire supérieure de la vertèbre sous-jacente, le ligament jaune et la lame.

Le récessus ou segment para pédiculaire se situe sur la face médiale du pédicule portant le même chiffre que la racine considérée. Les coupes scanner permettent d’identifier 2 régions du récessus ; La région haute reconnaissable par la présence de l’articulation comprise entre l’articulaire supérieure de la vertèbre sous-jacente et l’articulaire inférieure de la vertèbre sous-jacente. Dans cette zone, la racine peut être éventuellement comprimée par la capsule articulaire hypertrophiée. C’est dans cette zone que les phénomènes dégénératifs peuvent être les plus importants, soit par saillie discale descendant du disque sus-jacent soit par ostéophytose de l’articulation inter-apophysaire postérieure ou début d’ossification de l’insertion du ligament jaune.

Quelques millimètres plus bas, l’aspect des coupes est différent puisqu’elles passent par l’isthme de la vertèbre portant le même chiffre de la vertèbre portant le même chiffre que la vertèbre considérée. Les agents compressifs sont alors essentiellement osseux

Une zone foraminale, correspondant au foramen intervertébral lui-même divisé en 2 portions : La première supérieure fixe puisque constituée en avant par la partie latérale du corps vertébral recouverte par la partie latérale du ligament longitudinal dorsal, en arrière par l’isthme et la partie antérieure de la lame. Ici la racine est coincée entre le mur vertébral postérieur en avant et l’isthme en arrière. Le ligament jaune parfois hypertrophié, s’insinue entre l’isthme et la racine. Le disque est à distance. La seconde inférieure et mobile, limitée en avant par le disque sous-jacent et en arrière par le massif articulaire, principalement par l’articulaire supérieure de la vertèbre sous-jacente dans sa partie la plus latérale. Ce massif articulaire est recouvert par la capsule articulaire et le ligament jaune qui sont en continuité, mais la racine a déjà fui et l’hypertrophie arthrosique du massif articulaire n’entraîne pas dans des conditions statiques de compression radiculaire significative.

Une zone extraforaminale en dehors des pédicules où le nerf rachidien constitué traverse un trousseau fibreux tendu entre l’apophyse transverse et le bord latéral des corps vertébraux. Elle va se diviser en ses 2 branches ventrale et dorsales mixtes. A ce niveau la racine est coincée entre la transverse en haut et en bas la saillie latérale du disque parfois très hypertrophique, où le disque mais aussi des ostéophytes peuvent être des agents vulnérants.

D’un point de vue dynamique, plusieurs éléments peuvent contribuer au changement de la taille du canal vertébral au niveau discal ;

-         un bombement discal ou une hernie discale

-         Variation de l’épaisseur du ligament jaune

-         Bombement du ligament jaune

-         Un spondylolisthésis

-         Un déplacement des surfaces articulaires

-         Une kyste synovial articulaire

-         Les éléments osseux constituant le canal (lames, coin postéro-inférieur du corps vertébral) après déstabilisation chirurgicale.

 

PATHOGENIE DE LA STENOSE LOMBAIRE

 

La sténose lombaire se définit comme une anomalie de rapport entre contenant et contenu, aboutissant à la striction du contenu. En dehors des formes congénitales, il n’existe aucune anomalie à la naissance. Considérant que l’espace occupé par les structures nerveuses est raisonnablement constant au cours de la vie d’un individu, les murs du canal doivent s’étendre vers l’intérieur pou créer une sténose. De nombreuses formes de modifications dynamiques peuvent se superposées à la réduction des dimensions osseuses.

Au niveau du pédicule, les effets dynamique sont peu important comparativement au niveau du disque.

 

Dégénérescence du complexe tri-articulaire

Deux vertèbres adjacentes sont réunies par le complexe tri-articulaire (le disque et les 2 articulations postérieures) et ensemble ils forment le segment mobile rachidien. La partie interne de la capsule articulaire est constituée par la partie la plus ventrale du ligament jaune, structure hautement élastique qui recouvre également la lame adjacente et qui constituent un élément du mur postérieur du canal vertébral.

Les transformations dégénératives du complexe tri-articulaire sont les raisons principales d’apparition d’une sténose lombaire. Les relations entre le complexe tri-articulaire et la pathologie de la sténose lombaire sont aussi les raisons pour lesquelles la sténose dans certaines circonstances est un problème clinique dynamique avec variations des symptômes en fonction de la posture, de la charge appliquée et même du temps d’application de la charge. Ces facteurs affectent autant la forme du canal vertébral que celle des canaux radiculaires.

L’amplitude de mobilité du complexe tri-articulaire augmente avec l’aggravation de la dégénérescence discale jusqu’au stade IV puis décroît quand la dégénérescence discale atteint le stade V. Avec la dégénérescence du cartilage articulaire le mouvement de rotation axiale augmente. De plus pour tous les secteurs de mobilité, les amplitudes augmentent jusqu’au stade III de dégénérescence du cartilage, puis diminuent au stade IV(4). La sclérose sous-chondrale diminue significativement la mobilité.

 

L’aspect Trifolié du canal

Sur certaines coupes scanners un canal rétréci a souvent un aspect trifolié. Mais pour Eisenstein(5) cet aspect, ne joue pas un rôle significatif dans la production de la sténose. En revanche, l’aspect trifolié du sac dural, observé dans les sténoses, est souvent le résultat de compression par le disque ou un ostéophyte du corps vertébral et le ligament jaune et souvent aggravé par des ostéophytes issus des facettes articulaires arthrosiques.

 

Modifications dynamique de la taille du canal vertébral

Des études antérieures(6,7,8) ont rapporté que les dimensions du canal vertébral et du foramen intervertébral peuvent changer avec les mouvements. Ainsi il est admis que le mouvement d’extension diminue la surface du canal vertébral et son diamètre sagittal médian, ainsi que les dimensions du foramen intervertébral. En revanche la flexion produit des effets inverses. De même, la translation associée au bombement discal mais aussi à la présence d’ostéophytes produit une diminution des dimensions du canal vertébral et du foramen.. Enfin les mouvements de rotation et de latéralité produisent également des modifications de dimension du canal vertébral et du foramen(9). Ainsi si le contenu subit des modifications dynamiques de ses dimensions, le contenant, le sac dural, va subir également des modifications de dimensions sous l’influence des modifications du canal mais aussi des tissus mous qui recouvrent les structures osseuses et les racines qui peuvent se transformer en agents vulnérants au cours des mouvements. Ainsi la réduction des dimensions du sac dural est plus significative pour apprécier le retentissement clinique de la sténose que celle du canal vertébral proprement dit, ce qui constitue une approche différente par rapport à celle de la prise en charge des sténoses non dynamique.

Les mouvements de flexion-extension sont pas les seuls à produire une réduction de taille du canal(10). Les modifications de charges appliquées  sont aussi responsable du même effet. Ainsi le passage d’une force de distraction de 250N à une force de compression de 250N s’accompagne d’une réduction de taille du canal de 19% équivalente à celle de l’effet de la flexion-extension.

Les variations de dimension du sac dural ont été expliquées par les modifications de la partie antérieure du canal proche du disque, mais également par les modifications de l’épaisseur du ligament jaune qui varient en fonction des mouvements de flexion-extension et en compression-distraction.

 

Le ligament jaune

Les variations d’épaisseur du ligament jaune en fonction de la charge appliquée ont été étudiées par Schönström et Hansson(11) et ont montré que le ligament jaune peut entre en contact avec les racines dans la partie cranial du récessus latéral. Ainsi qu’il y ait ou non hypertrophie du ligament jaune, les caractéristiques du ligament jaune peuvent à elles seules constituées un élément rétrécissant du canal vertébral ou du récessus latéral.

 

Importance du Spondylolisthésis

Une autre cause du changement de la taille du canal vertébral en fonction de la posture ou de la charge est la position entre les 2 vertèbres formant le canal au niveau du disque. Au cours de la transformation dégénérative du complexe tri-articulaire le glissement va avoir des conséquences différentes suivant que l’ishme est intact ou non. Si l’isthme est intact dans le cadre du pseudo-spondylolisthésis, l’arche postérieure se déplace vers l’avant favorisée en cela par la dégénérescence discale mais aussi par la disposition sagittale des articulaires postérieures qui ne sont plus rétentives ce qui réduit la taille du canal, et la compression va pouvoir s’exercer soit par un effet de pincement médian et postérieure, soit par une pénétration des articulations postérieures supérieures de la vertèbre sous-jacente à l’intérieur du canal. Dans les spondylolisthésis isthmique, l’arche postérieure reste en place, ce qui entraîne lors du glissement un élargissement apparent du canal. Les racines peuvent alors être étirées par le crochet isthmique appendu au moignon d’isthme restant.

 

La surface transversale du Sac Dural et la notion de sa Taille Critique

 

Des travaux ont montré sur des coupes scanner qu’il était possible de mesurer la surface du canal vertébral et du sac dural permettant de définir la sténose. Concernant le sténoses centrales des études établies sur des coupes transversales scanner ont montré que la mesure de la surface du sac dural était la méthode la plus précise pour apprécier l’espace disponible pour les racines(12,13,14). Ces travaux ont déterminé une taille critique de la surface du sac dural au niveau L3 estimée à 75mm² pouvant constitué un facteur prédictif dans le degré de sténose lombaire. Toute réduction de cette taille critique peut entraîner des compressions radiculaires.

 

La taille du Récessus Latéral et du Canal Radiculaire

Dans le récessus latéral, la zone la plus fréquemment atteinte par la sténose est la zone proximale où le mur proximal du récessus est constitué par l’articulaire supérieure de la vertèbre sous-jacente. De fait les modifications arthrosiques de l’articulaire affectent la racine et le ligament jaune. En avant un bombement discal peut contribuer à la sténose. Ces effets pourront être aggravés par une mobilité exagérée en rapport avec une dégénérescence discale dont l’élément essentiel est l’instabilité.

Dans le foramen les modifications dynamiques vont avoir théoriquement les effets les plus marquants, car les mouvements des facettes articulaires peuvent toucher s racines dans le foramen. Nowicki et al(15) ont montré que le foramen était soumis à des variations dynamiques. Ils ont trouvé qu’une sténose foraminale occulte pouvait survenir en extension , mais aussi en flexion en inclinaison latérale et en rotation.

Ceci illustre la complexité de la dynamique du foramen et la nécessité de trouver les moyens de simuler la position dans la quelle le patient souffre.

 

 

AFFIRMER LE CARACTERE DYNAMIQUE DE LA STENOSE

 

SUR DES ARGUMENTS CLINIQUES

 

La symptomatologie clinique peut revêtir de nombreuses formes rencontrées dans les sténoses lombaires, telles que claudication intermittente neurogène, lombalgies chroniques d’évolution prolongée, poly ou mono radiculalgies. Mais le caractère dynamique rend compte de la survenue ou de l’aggravation de cette symptomatologie lors de certaine posture est notamment de la position debout avec hyper extension. Mais cette survenue posturale n’est pas le seul élément à prendre en compte dans la survenue des signes cliniques. En effet pour que les éléments normalement environnants et constitutifs du canal vertébral et de son contenu puisse entrer en conflit lors d’un changement de posture, cela nécessite une modification des rapports anatomiques dont la dégénérescence discale

De fait la recherche du caractère dynamique pourra être facilitée par la réalisation de corset test dans la position dite antalgique, puis la réapparition de douleur après son ablation constitue un signe de symptomatologie dynamique, mais également les situations dans lesquelles la symptomatologie s’améliore (signe du caddy de supermarché).

 

 

SUR DES ARGUMENTS PARACLINIQUES

 

L’analyse morphologique de la sténose lombaire doit être considérée sur un plan statique te dynamique. Ces 2 éléments doivent être pris en compte lorsque l’on évalue les forces et les faiblesses des différents moyens d’explorations radiologiques mis à notre disposition. Les modalité suivantes sont quotidiennement utilisées pour l’imagerie du rachis : les radiographies, la myelographie, le scanner et l’IRM. Chacune de ces méthodes doit être réalisées en statique et en dynamique utilisant différente posture et différente situations de mises en charge de façon à comprendre et évaluer les différents types de sténose.

 

Les radiographies standards

 Réalisées en statique mais aussi, en positions allongée debout et assise et en dynamique (flexion –extension) elles permettent d’identifier un certain nombres d’éléments tels que :

-         Pédicules courts

-         Dégénérescence arthrosique du complexe tri-articulaire

-         Présence d’anté ou rétrolisthésis spontané ou provoqué

Les radiographies sont également utiles pour le planning chirurgical afin d’identifier les niveaux pathologiques et pour évaluer les niveaux à bloquer dans le cadre d’une arthrodèse.

La Myélographie

La myélographie est depuis des années la méthode de choix dans l’exploration des sténoses. Les mesures du diamètre antéro-postérieur du sac dural ont été déterminées par Verbiest(16). Ainsi 10mm correspond à une sténose absolue et 12mm à une sténose relative. Les travaux de Sortland(17) avec myélographie dynamique ont permis d’évaluer  et de comprendre la participation dynamique dans la sténose.

La myélographie donne une excellente vue d’ensemble du canal surtout dans sa partie centrale, mais son potentiel est réduit dans le foramen. Il s’agit du seul examen qui peut être réalisé en position debout, mais aussi assis. Elle peut être complétée par la réalisation d’un scanner ce qui va permettre d’apprécier l’état du récessus. Mais il s’agit d’une méthode invasive qui n’est pas dénuée de complications. Quoiqu’il en soit la possibilité de la réaliser debout, en flexion-extension en fait la méthode de choix dans l’exploration des sténoses dynamiques. De plus dans les cas de chirurgie antérieure, le contraste dans le sac dural est la seule méthode fiable qui permettent de faire la différence en tissu fibreux et éléments radiculaires, ce qui n’est pas toujours le cas avec le scanner et l’IRM.

 

Le Scanner

Le scanner fournit la possibilité de visualiser l’impact de la dégénérescence du complexe tri-articualire et le rôle des tissus mous environnants dans la constitution de la sténose. Le scanner permet aussi d’établir la taille critique du sac dural et de la comparer aux valeurs expérimentales, permettant d’utiliser la surface du sac dural comme critère de sténose centrale. La capacité du scanner de visualiser les détails de la dégénérescence des articulaires postérieures peut être utilisée dans l’analyse des sténoses latérales  spécialement dans le récessus latéral au niveau où le nerf est en position ventrale par rapport à l’articulaire supérieure. La zone foraminale est plus difficile à évaluer avec le scanner, et cei pour 2 raisons. La première est que le foramen est mieux visualisé sur des coupes sagittales et que deuxièmement il est difficile d’apprécier la composante dynamique dans cette région. Afin de remédier à cette dernière , il peut être utile de pratiquer un scanner avec un système qui permette d’appliquer une contrainte axiale tel que celui décrit par Willen et al(18,19).

 

L’IRM

L’IRM possède le plus grand potentiel pour analyser les processus pathologiques du rachis lombaire, combinant les avantages de la myelographie et du scanner et offrant de multiples plans de coupes. Le seul inconvénient est l’impossibilité d’étudier les composantes dynamiques de la sténose. Une solution peut être également de réaliser les IRM avec un dispositif permettant d’exercer une charge axiale. Les résultats présentés par Schonstrom et Willen(20) sont à ce jour encourageants et permettent de reproduire des sténoses dynamiques tant avec le scanner que l’IRM

 

STRATEGIE DANS L’EVALUATION MORPHOLOGIQUE DE LA STENOSE DYNAMIQUE.

 

Après l’évaluation initiale par des radiographies standards , 2 stratégies sont possibles pour obtenir une vue d’ensemble et détaillée de la sténose dynamique. Une est une stratégie non invasive et la seconde inclut un contraste intrathécal.

 

Stratégie non-invasive :

Dans le cadre d’une alternative non-invasive nous recommandons l’IRM qui permet d’obtenir des images pertinentes sur l’ensemble des lésions. Mais si elle doit rester le seul examen, il faudrait qu’elle soit réalisée avec un système permettant une application de charge sur le rachis.

 

Stratégie invasive

Si une telle stratégie est choisie, la myélographie avec clichés dynamiques est l’examen de choix. Elle pourra être avantageusement complétée par un scanner isolé ou associé à un dispositif de mise en charge.

 

Références

 

1 Verbiest H : A radicular syndrome from developmental narrowing of the lumbar vertebral canal. J Bone Joint Surg Br 36 :230-237, 1954

 

2 Lazennec J.Y, Roger.B, Saillant G : Anatomie et pathologie des obstacles radiculaires lombaires : Rev Chir Orthop 76 Suppl 1 : 38-40 1990

 

3 Vital.J.M : Foramen intervertébral lombaire : Anatomie, exploration et pathologie. Cahiers d’enseignements de la SOFCOT. Conférences d’enseignement 2000 n°73 : 139-163

 

4 Fujiwara A, Lim TH, An HS, Tanaka N, Jeon CH, Andersson GB, Haughton VM/ The effect of disc deneration and facet joint osteoarthrotis on the segmental flexibility of the lumbar spine. Spine 2000 Dec 1 :25(23) :3036-44

 

5 Eisenstein S : The morphometry and pathological anatomy of the lumbar spine in South African Negroes and Caucasoïds with specific reference to spinal stenosis. J Bone Joint Surg 1977 Br59 :173-180

 

6 Inufusa A, An HS, Lim TH, Hasegawa T, Haughton VM, Nowicki BH Anatomic changes of the spinal canal and intervertebral foramen associated with flexion-extension movement Spine 1996 Nov 1;21(21):2412-20

 

7 Penning L, Wilmink JT. : Posture-dependent bilateral compression of L4 or L5 nerve roots in facet hypertrophy. A dynamic CT-myelographic study. Spine 1987 Jun;12(5):488-500

 

8 Dai LY, Xu YK, Zhang WM, Zhou ZH. The effect of flexion-extension motion of the lumbar spine on the capacity of the spinal canal. An experimental study. Spine 1989 May;14(5):523-5       

 

 

9 Fujiwara A, An HS, Lim TH, Haughton VM.Morphologic changes in the lumbar intervertebral foramen due to flexion-extension, lateral bending, and axial rotation: an in vitro anatomic and biomechanical study. Spine 2001 Apr 15;26(8):876-82

 

10 Schonstrom N, Lindahl S, Willen J, Hansson T.Dynamic changes in the dimensions of the lumbar spinal canal: an experimental study in vitro. J Orthop Res 1989;7(1):115-21

 

11 Schönstöm NSR, Hansson TH : Thickness of the human ligamentum flavum as a function of load. An in vitro experimental study. Clin Biomechanics 1991 6 :19-24

 

12 Schönstöm NSR, Bolender NFR, Spengler DM : The pathomorphology of spinal stenosis as seen on CT-scans of the lumbar spine. Spine 1985, 10 :806-811

 

13 Schönstöm NSR, Bolender NFR, Spengler DM : Pressure changes within the cauda equina following constriction of the dural sac. An in vitro experimental study. Spine 1984 9:604-607

 

14 Schönstöm NSR, Hansson TH : Pressure changes following constriction of the cauda equina : An experimental study in situ. Spine 1988 13 :385-388

 

15 Nowcki BH, Haughton VM Schmidt TA : Occult lumbar lateral spinal stenosis in neural foramina subjected to physiologic loading. Am J Neuroradiol 1996 17 : 1605-1614.

 

16 Verbiest H : Neurogenic intermittent claudication in cases with absolute and relative stenosis of the lumbar vertebral canal (ASLC and RSLC) in cases with narrow lumbar intervertebral foramina, in cases with both entities. Clin Neurosurg 1973 20 :204-214

 

17 Sortland O, Magnaes B, Hauge T : Functionnal myelography with metrizamide in the diagnosis of lumbar stenosis. Acta Radiol 1977 Suppl 355 :42-54

18: Axial loading of the spine during CT and MR in patients with suspected lumbar stenosis. Acta Radiol 1998 39 :604-611

 

19 Willen J Danielson B, , Gaulitz A : Dynamic effects on the lumbar spinal canal Spine 1997 24 :2968-2976

 

20 Schönstöm NSR, Willen J : Imaging lumbar spinal stenosis Radiol Clin North Am 2001 39;1 :31-53