Restabilisation par radio fréquence des spondylolisthésis dégénératifs débutants

 

Dr Olivier RICART,Thionville (France)

 

L'étiologie et du spondylolisthésis dégénératif (SPLD) est essentiellement représentée par l'usure articulaire postérieure, une instabilité rotatoire et enfin une dégénérescence discale ayant pour conséquence une sténose centrale et à moindre degré une sténose foraminale.

Le glissement vertébral et qui le caractérise nécessite une subluxation des facettes articulaires et la présence d'une dégénérescence du disque qui devient incapable de résister au glissement.

Ce dernier se produit dans le sens de la pente du plateau supérieur de la vertèbre sous-jacente soit le plus souvent vers l'avant au niveau du rachis lombaire inférieur entraînant un spondylolisthésis, et vers l’arrière au niveau du rachis lombaire supérieur, entraînant un rétrolisthésis.

 

Ces glissements peuvent être parfaitement sagittaux, mais le plus souvent ils comportent une composante rotatoire plus ou moins marquée que les coupes scanner permettent de découvrir et de quantifier.

Les spondylolisthésis dégénératifs commencent par être intermittents et réductibles. Plus tardivement ils deviennent permanents, persistant même en décubitus cela ne signifie pas qu'il demeurent mobiles, point fondamental pour le traitement, que seuls les clichés dynamiques peuvent affirmer.

 

L'on considère généralement comme instables les spondylolisthésis ayant une mobilité antéro-postérieure de plus de 3 mm, ainsi qu'une amplitude angulaire supérieure à 18°, entre les clichés en flexion et en extension.

 

Nous utilisons les sondes à radiofréquence en pathologie rachidienne depuis 3 ans. Nous avons appliqué leur utilisation à 4 patients sélectionnés présentant un SPLD dans le but de rétracter les capsules articulaires ("shrinkage") après décompression radiculaire.

Il s'agissait de 4 cas de spondylolisthésis dégénératifs débutants peu instables c'est-à-dire présentant un glissement inférieur à 3 mm lors du passage de l'extension à la flexion avec une hauteur discale normale ou subnormale,dont le tableau clinique se manifestait par des radiculalgies prédominantes.

 

La présentation de cette étude est essentiellement iconographique basée sur la comparaison des clichés dynamiques pré et post-opératoires au plus long recul (> 2 ans),qui démontrent un effet indiscutable de la retension capsulaire postérieure notamment par la limitation de l'instabilité en flexion , notamment quand le disque reste fonctionnel, alors que l'extension est peu modifiée et que l'instabilité rotatoire n'a pu être appréciée.

 

Au stade où la dégénérescence et l'instabilité articulaire postérieure sont effectives alors que le disque n'est pas encore dégénéré nous pensons qu'une rétraction capsulaire articulaire postérieure associée au traitement de la sténose peut suffire à enrayer l'aggravation progressive du spondylolisthésis dégénératif et ainsi éviter à terme une arthrodèse éventuelle. L'effet de ce traitement sur un disque en voie de restabilisation spontanée est évidemment beaucoup plus difficile à apprécier.