FORAMINOSCOPIE
PERCUTANEE
ET DECOMPRESSION DISCALE
ENDOSCOPIQUE
«Etude prospective
à propos de 114 cas de hernies
discales lombaires
évaluées à 3 et 12 mois »
E.GOZLAN*,
B.LAVIGNOLLE**, R.DUPUY**, M. de SEZE**, J.GUERIN**, O.TROISIER*,
V. LAVIGNOLLE- AURILLAC***
** CHU PELLEGRIN (Bordeaux)
*** IPSED (Bordeaux II)
La
Décompression discale endoscopique par voie trans-foraminale dans le traitement
des hernies discales est une technique déjà largement répandue dans le monde(1).
En 2001, John
C.CHIU et coll.(2) ont publié une étude multicentrique à propos de 26.860 cas
traités avec cette technique, par 40 chirurgiens répartis dans 19 centres à
travers le monde. Les résultats favorables ont été estimés à 90%, avec pour
avantages: une hospitalisation de jour, une simple neurosédation, une incision
à minima, une récupération et un retour au travail rapides. Surtout, le taux de
complications graves et de réinterventions étaient inférieur à 1%.
En 2002
A.T.YEUNG et coll.(3) ont publié une étude rétrospective, à propos de 307 cas
de hernies discales lombaires traitées de la même façon, avec le matériel
Y.E.S.S.(Yeung Endoscopic Spinal System). Les résultats à 1 an étaient
satisfaisants dans 89,3% des cas, avec un taux de complications majeurs et
mineurs de 3,5%.
En juin 2003, un premier séminaire de
formation pratique sur cadavre s’est déroulé à Bordeaux(4) et nous a permis de
mieux étudier l’anatomie du foramen et les différentes structures anatomiques à
travers l’endoscope(5).
Le travail que
nous présentons fait suite à notre première expérience de la technique Y.E.S.S.(6)
déjà publiée dans cette revue, à propos de 50 cas de hernies discales lombaires(7).
L’analyse statistique de cette première
étude prospective contrôlée a montré qu’à 3 mois, les patients étaient
améliorés de façon significative, avec une baisse : des E.V.A.
radiculaires (78%), des E.V.A. lombaires (65%), du questionnaire DALLAS (72%)
et un taux de satisfaction de 90%.
Nous avons poursuivi cette étude
en conservant les mêmes critères d’évaluation.
MATERIELS ET
METHODES
Critères
d’inclusion :
-Patients
souffrant d’une lombosciatique ou cruralgie par hernie discale lombaire
et résistant au
traitement conservateur bien conduit ( corset, infiltrations épidurales).
-
Présence au scanner ou IRM d’une hernie
discale dans le canal rachidien.
-
Correspondance radio-clinique.
-
Confirmation de l’étage symptomatique par test discographique.
Critères
d’exclusion :
-
Syndrome de la queue de cheval.
- Paralysie du membre inférieur, cotée
inférieure à 3.
- Sténose osseuse centrale évoluée et
participant à la symptomatologie.
-
Polyneuropathie d’origine endocrinienne ou métabolique.
-
Grossesse.
Technique :
Nous utilisons le matériel
Y.E.S.S.(Yeung Endoscopic Spinal System)et
un laser Holmium-YAG (LISA).
Le
malade est positionné en décubitus ventral, hanches fléchies à 30°.
Une
diazanalgésie, est pratiquée de manière progressive de façon à ce que le
patient
reste suffisamment éveillé pour signaler la
moindre douleur.
- Chromo-discographie(8):
Une
technique élaborée, par mesure de paramètres géométriques permet d’aborder le disque dans sa partie la
plus postérieure, en positionnant l’aiguille dans une angulation voisine de 30°
par rapport à l’horizontale ; l’extrémité de celle-ci se trouvant alors située au plus proche du
conflit disco-radiculaire (fig.1). Un mélange de Carmin d’Indigo, dans la
proportion de 1 sur 5, avec du Iopamiron 300 est injecté. L’interprétation est
faite selon le discogramme de Dallas modifié (fig.11), permettant d’évaluer
l’étendue des déchirures annulaires. La douleur provoquée est déterminée par le
patient à l’aide d’une EVA.
Figure 1 : Triangle de Kambin (abord latéral gauche)
- Foraminoscopie :
L’introduction
d’un dilatateur de 7mm de diamètre, dans le triangle de travail, permet la mise
en place d’une canule de travail à fenêtre biseautée ou munie d’une tuile latérale
de protection de la racine sortante située à 16h ou à 20h selon le côté abordé.
Un système
d’irrigation par arthro-pompe est branché sur l’endoscope permettant une bonne
visualisation de l’annulus et de l’espace épidural (fig.2). L’antibiothérapie(9)
est systématique dans le liquide d’irrigation (Gentamycine) ainsi que de
l’adrénaline pour diminuer le saignement. L’hémostase des micro vaisseaux
péri-annulaires est pratiquée avec un coagulateur bipolaire.
A
l’aide de pinces endoscopiques, puis du Laser Holmium Yag une cavité de travail
est formée permettant de visualiser la déchirure annulaire teinte en bleue par
le Carmin d’Indigo (fig.3). Il est alors pratiqué l’extraction de fragments de
disque collagénisés, situés dans la déchirure annulaire, dont certains
communiquent avec l’espace épidural.
Après
avoir pratiqué une fenestration annulaire avec une tréphine, le curetage du
matériel discal teint en bleu se fait facilement avec différentes sortes de
pinces dont l’extrémité de la dernière est articulée permettant d’extraire les
fragments les plus postérieurs.
La thermo-modulation(10) des déchirures de
l’annulus peut alors être pratiquée à
l’aide de
l’électrode bipolaire ou du laser. En cas de sténose latérale, il
est possible d’effectuer une foraminoplastie instrumentale, puis au laser(11). En
fin d’intervention, il est procédé à la vérification des différentes structures
anatomiques, et en particulier de la liberté de la racine comprimée (fig.4) ainsi
que celle sortant par le foramen (fig.5).
Figure 2 : A = graisse épidurale Figure
3 : déchirure annulaire teinte en bleu
B = ligament vertébral postérieur,
C = annulus.
Figure
4 : A = graisse épidurale, Figure 5 : A = abord gauche, racine
sortante
B = racine traversante, inflammatoire, à 20h.
C = fragment discal collagénisé,
compressif.
Le
test discographique :
L’utilité
de cet examen a souvent été débattue. Pourtant, nous savons par expérience que
les examens radiologiques dits « statiques » (scanner, IRM), ne
reflètent pas toujours la réalité clinique : une image de volumineuse
hernie discale peut se révéler être totalement asymptomatique, alors qu’une
simple image de discopathie protrusive peut être à l’origine de la douleur
ressentie par le patient. Il s’avère donc, que si l’imagerie actuelle peut
identifier une structure pathologique dans le moindre détail et à un stade
précoce, elle ne peut cependant pas réellement présumer de la sévérité de la
douleur actuellement ressentie par le patient.
Depuis
que l’on a découvert qu’une déchirure annulaire peut être à l’origine de lombalgies
discogéniques, cet examen a repris toute sa valeur(12). Il
devient alors un outil indispensable pour poser l’indication la plus adéquate
d’un traitement intra-discal : dénervation discale(13), annuloplastie par
radio-fréquence(14), nucléotomie percutanée laser(15,16), décompression discale
endoscopique.
C’est
pourquoi, il nous semble indispensable de pratiquer systématiquement ce test
avant toute décision thérapeutique.
Le discogramme est capable d’identifier d’une part, le
type, la localisation et l’extension de la déchirure annulaire et d’autre part,
le type de matériel discal constitué par la hernie (nucléus ou fragment
collagénisé). De plus, cet examen permet de détecter les déchirures annulaires
très latéralisées, en connexion avec la racine sortante, souvent non mises en
évidence par l’IRM.

Figure 6 :discographie
L4L5(profil) Figure 7 : discographie L4L5 (face)
Déchirure annulaire antéro-postérieure, Déchirure annulaire latérale droite.
Volumineuse
hernie discale mal opacifiée
(fragment collagénisé).
La
douleur provoquée peut alors s’expliquer d’une part, par la présence de
fibres nerveuses nociceptives situées dans la déchirure annulaire
(néo-vascularisation) et d’autre part, par la mise en pression de la hernie
discale.
Il nous apparaît donc très important que ce
soit l’opérateur lui-même qui pratique ce test :
-
Le premier avantage est qu’il aura lui-même interrogé, examiné le patient
et lu les radiographies, et pourra ainsi rechercher une concordance radio-clinique.
-
Le deuxième avantage est d’éviter la variabilité du
résultat, inter-observateur, qui peut mener à certaines confusions.
Ainsi, avec de l’entraînement,
même des patients présentant un seuil bas de la douleur, ou pharmaco-dépendants,
ou encore présentant des facteurs psychologiques particuliers, peuvent répondre
valablement à ce test.
Nous avons pris pour
principe, de ne traiter que les disques avec une douleur provoquée à l’injection
supérieure à 5 sur l’EVA.
EVALUATION INITIALE
Il
s’agit d’une étude multicentrique, les patients ayant été recrutés dans 3
centres : C.H.U. de Bordeaux, C.M.C. FOCH à Suresnes, Clinique TURIN à
Paris.
Population :
De
janvier 2002 à septembre 2003, 114 patients ont été inclus dans cette étude et
non perdus de vue. Il est à noter, que l’une des équipes n’a traité par cette
technique que les hernies discales foraminales et extra-foraminales.
Le sexe ratio est de H/F = 1,48
avec une moyenne d’âge de 46,4 ans.
La durée d’évolution des
symptômes est de 4,14 ans pour les patients évoluant par récidives, et de 8,04
mois pour ceux évoluant d’un seul tenant.
La répartition de la topographie
de la douleur, du niveau de l’étage opéré ( 7 cas opérés sur 2 niveaux) et du
siège de la hernie discale, est décrite dans les figures 8, 9 et 10.

Figure 8 Figure 9

Figure
10
Sur le plan des antécédents
chirurgicaux : 15 patients sur 114 ont récidivé au même étage : 7
après cure de hernie discale, 5 après chimionucléolyse, 2 après nucléotomie percutanée instrumentale
et 1 après nucléotomie percutanée laser.
Evaluation clinique :
|
SYNDROME RACHIDIEN (
SR) Indice de
SCHÖBER : Normal: - extension = 2 cm - flexion = 4 cm Mobilité globale = 6 cm ( 2 + 4 ) |
SR = fort (F) si S < 3cm SR = moyen (M) si 3cm < S < 5cm SR = léger (L) si S > 5cm SR = absent (0) si S> 6cm |
|
SYNDROME DUREMERIEN
(SD) Signe de Lasègue Signe de Léri ( Lasègue inversé) |
SD = fort (F) si le Lasègue est <
ou = à 40° et le Léri < à
90°. SD =
moyen (M) si 40° < Las.<
70° ou Léri = à 90° SD =
léger (L) si Las. > ou = à 70° ou Léri > à 90° SD =
absent (0) si Las. ou Léri absent |
|
SYNDROME NEUROLOGIQUE (SN) Moteur Sensitif Réflexe |
SN =
présence ou absence |
Figure 11
Auto – questionnaire :
Un questionnaire a été rempli par
chaque patient, comprenant :
-
Une échelle visuelle analogique, étalonnée de 0 à 10,
pour évaluer séparément la douleur lombaire et radiculaire.
-
Une estimation du résultat par le patient répartie
en : nul, minime, modéré, bon, très bon et excellent. Les résultats ont
été considérés comme satisfaisants dans les cas « bons, très bons et excellents ».
-
Le questionnaire de DALLAS qui permet d’évaluer les
répercussions de la douleur sur les activités
quotidiennes et professionnelles, sur le rapport anxiété/dépression et
sur la sociabilité (total = 420 points).
Evaluation du test
discographique :
|
GRADE |
DESCRIPTION NUCLEUS |
DECHIRURE
ANNULAIRE RADIALE (extension du
contraste) |
DECHIRURE
ANNULAIRE CIRCONFERENCIELLE (par quadrants) |
|
I |
Arrondi en boule de coton |
Circulaire |
|
|
II |
Arrondi
ou ovalaire lobulé |
Ovalaire |
|
|
III |
Fissuré |
Extension à l’annulus interne ( sans protrusion) |
Siège = 1/4, 1/2, 3/4, 4/4 |
|
IV |
Dégénéré
jusqu’à annulus
externe |
Extension à l’annulus externe (protrusion possible) |
Siège = 1/4, 1/2, 3/4, 4/4 |
|
V |
Dégénéré dépassant annulus externe (avec protrusion discale) |
En dehors de l’annulus externe (pouvant inclure
un fragment exclu) |
Siège = 1/4, 1/2, 3/4, 4/4 |
Figure 12 :
Discogramme de DALLAS modifié.
En plus du discogramme de
DALLAS modifié (fig.11), nous avons choisi de garder les mêmes critères
descriptifs et fonctionnels utilisés avec O. TROISIER pour les chimionucléolyses(17) : (fig.13).
|
Taille de la hernie discale |
P1 < 3mm 3mm < P2 < 5mm 8mm < P3 > 5mm P4 > 8mm (P FOR = P FORAMINALE) |
|
Coefficient de
remplissage de la hernie par le produit de contraste |
R1 = mauvais (fragment collagénisé)
R2 = moyen
R3 = bon |
|
Présence d’une fuite épidurale = F |
Fuite précoce = FP Fuite tardive = FT |
|
Résistance à l’injection = Ri |
Ri1 = faible (~ 1 bar ) Ri2 = moyenne (~ 2 bars ) Ri3 = forte (~ 3 bars ) Ri4 = impossible |
|
Douleur provoquée lors
de l’injection du produit de contraste |
E.V.A. = 0 A 10 : D00 - D01 - D02 - D03 - D04 - D05
- D06 - D07 - D08 - D09 - D10 |
Figure
13 : Critères d’O.TROISIER
Exemple
d’interprétation :
51 = DAG V ¾
+ H.D. type P3 + R2 + Ri 3, D07
Traduction : Disque L5S1 = Déchirure annulaire Grade V, 3/4 de quadrant
+ Hernie discale comprise
entre 5 et 8 mm, coefficient de remplissage moyen,
Résistance à l’injection :
forte, douleur provoquée : EVA = 7
RESULTATS
|
RESULTATS |
|
|
|
|
|
|
CLINIQUE |
0 MOIS |
3 MOIS |
12
MOIS |
|
114 |
CAS |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
F |
51% |
7% |
7% |
|
SR |
M |
33% |
24% |
10% |
|
|
L |
16% |
31,50% |
34% |
|
|
O |
0% |
37,50% |
49% |
|
|
F |
56% |
1% |
3,50% |
|
SD |
M |
34% |
7% |
3,50% |
|
|
L |
10% |
14% |
4% |
|
|
O |
0% |
78% |
89% |
|
SN |
PRESENT |
24% |
3% |
3% |
|
|
ABSENT |
76% |
97% |
97% |
Figure 14 : Evaluation clinique à 0, 3
et 12 mois
|
AUTO-QUESTIONNAIRE |
0 MOIS |
3 MOIS |
12 MOIS |
|
|
114 |
CAS |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
MOYENNE DES |
|
|
|
|
EVA
LOMBAIRES |
7,35 |
2,52 |
2,72 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
MOYENNE DES |
|
|
|
|
EVA
RADICULAIRES |
8,25 |
1,42 |
1,25 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
MOYENNE DU |
|
|
|
|
|
SCORE DE DALLAS |
236 |
73 |
84,5 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
AMELIORATION |
|
89% |
88% |
|
|
(BO+TB+EX) |
|
|
|
|
Figure 15 : Auto-questionnaire
Interprétation des
résultats :
Figure 16

Figure 17

Figure 18

Figure 19

Figure 20

Figure 21

INTERPRETATION DES RESULTATS
(Figures 14, 15,
16, 17, 18, 19, 20 et 21)
A 3 mois ,nous avons constaté :
- une disparition ou une nette
régression (0+léger) du syndrome rachidien dans 69% des cas
- une disparition du syndrome
duremérien dans 78% des cas
- une disparition des troubles
neurologiques dans 97% des cas
- une baisse de 66% de l’E.V.A. lombaire
- une baisse de 83% de l’E.V.A. radiculaire
- une baisse de 69% du score de DALLAS
- un taux de satisfaction de 89%
A 12 mois, les pourcentages de ces
mêmes critères d’évaluation se maintiennent dans des proportions très proches
des résultats à 3 mois (différences non significatives).
Résultats
du test discographique :
|
|
|
|
74 |
|
|
CRITERES |
|
90 CAS |
RESULTATS |
16 ECHECS |
|
DISCOGRAPHIQUES |
|
SATISFAISANT |
|
|
|
|
|
97 disques |
(78 disques) |
(19 disques) |
|
|
L23 |
3% |
4% |
0% |
|
ETAGE |
L34 |
3% |
3% |
5% |
|
|
L45 |
57% |
56% |
58% |
|
|
L51 |
37% |
37% |
37% |
|
DAG |
D5 |
99% |
99% |
100% |
|
LOC |
1Q |
7% |
8% |
5% |
|
|
1D |
26% |
28% |
16% |
|
|
3Q |
18% |
18% |
16% |
|
|
4Q |
49% |
46% |
63% |
|
P |
P0 |
0% |
1% |
0% |
|
|
P1 |
1% |
0% |
0% |
|
|
P2 |
30% |
27% |
42% |
|
|
P3 |
63% |
64% |
58% |
|
|
P4 |
6% |
8% |
0% |
|
R |
R0 |
1% |
1% |
0% |
|
|
R1 |
29% |
29% |
26% |
|
|
R2 |
37% |
38% |
37% |
|
|
R3 |
33% |
32% |
37% |
|
Ri |
Ri1 |
0% |
0% |
0% |
|
|
Ri2 |
12% |
13% |
11% |
|
|
Ri3 |
29% |
32% |
16% |
|
|
Ri4 |
59% |
55% |
73% |
|
EVA |
0 |
2% |
3% |
0% |
|
|
1 |
0% |
0% |
0% |
|
|
2 |
1% |
1% |
0% |
|
|
3 |
0% |
0% |
0% |
|
|
4 |
0% |
0% |
0% |
|
|
5 |
3% |
4% |
0% |
|
|
6 |
6% |
5% |
11% |
|
|
7 |
14% |
12% |
26% |
|
|
8 |
33% |
30% |
37% |
|
|
9 |
16% |
19% |
5% |
|
|
10 |
25% |
26% |
21% |
Figure
22 : Evaluation discographique (comparaison entre 90 cas, résultats
satisfaisants
et échecs)
Nous noterons que dans cette
série de 114 cas, l’évaluation discographique selon les critères de DALLAS et
de O.TROISIER n’a pu être effectuée que dans 90 cas.
Les résultats sont donnés sur
97 disques (7 patients opérés sur 2 étages).
En ce qui concerne les critères
discographiques(fig.21), nous n’avons pas trouvé dans cette série de différences significatives (test du Khi 2)
entre : la population évaluée, les bons et les mauvais résultats. Ceci est
du au fait d’un nombre insuffisant d’échecs. Cependant, la plupart des auteurs
s’accordent à dire que les meilleurs résultats sont obtenus par cette
technique, ceci d’autant plus que la hernie est volumineuse.
ANALYSE STATISTIQUE
|
Variables |
Moyenne |
Ecart-type |
Intervalle de Confiance à 95% |
p |
|
DIF_LOM1 |
- 3,79 |
0,33 |
- 4,44 ; - 3,13 |
< 10-4 |
|
DIF_LOM2 |
- 3,97 |
0,33 |
- 4,62 ; - 3,31 |
< 10-4 |
|
DIF_LOM3 |
- 0,18 |
0,25 |
- 0,67 ; 0,31 |
0,48 |
|
DIF_RAD1 |
- 6,28 |
0,31 |
- 6,90 ; - 5,66 |
< 10-4 |
|
DIF_RAD2 |
- 6,29 |
0,34 |
- 6,97 ; - 5,61 |
< 10-4 |
|
DIF_RAD3 |
- 0,01 |
0,29 |
- 0,59 ; 0,57 |
0,97 |
|
DIF_DAL1 |
- 178,39 |
10,73 |
-199,71 ; -157,07 |
< 10-4 |
|
DIF_DAL2 |
- 181,29 |
10,60 |
- 202,35 ; -160,23 |
< 10-4 |
|
DIF_DAL3 |
- 2,90 |
8,29 |
- 19,38 ; 13,58 |
0,73 |
Figure 23 : analyse statistique
-4
L’analyse statistique (fig.23) a été effectuée en utilisant le
test de student. Dans cette étude, le test est
très significatif (p
< 10 ). Nous en concluons qu’il
existe bien une amélioration significative à 3 mois,
des patients opérés par cette technique, tant sur le plan de la qualité de vie
que sur les 2 échelles visuelles analogiques lombaire et radiculaire. De plus, ces
résultats sont stables à 12 mois.
COMPLICATIONS
Nous n’avons
eu à déplorer aucun incident majeur neurologique ou vasculaire dans cette série.
Il est apparu en post-opératoire immédiat, un léger déficit moteur temporaire
sur la racine sortante. Une infection à staphylocoques épidermitis est apparue
dans les premiers cas, du fait de l’absence d’antibiothérapie prophylactique,
et d’évolution favorable sous traitement.
Dans 10 cas, nous avons constaté
la présence de dysesthésies se traduisant par des sensations de brûlures à
prédominance nocturne dans le territoire de la racine sortante, d’une durée de
une à trois semaines, très bien contrôlées par Rivotril. Ces dysesthésies sont
habituellement décrites dans les publications et apparaissent dans environ 5%
des cas.
DISCUSSION
L’étude de
cette série a montré, d’une part une amélioration significative à 3 mois des
patients opérés par cette technique et d’autre part que cette dernière était
fiable, les bons résultats se maintenant à 12 mois.
Cependant, une
longue courbe d’apprentissage est nécessaire, non seulement du fait de la
difficulté de la voie d’abord, le triangle de travail étant relativement
restreint (fig.1), mais également du fait de la haute technicité nécessaire à
ce type d’intervention.
Il est
probable que le lavage par arthropompe participe à l’évacuation des produits de
l’inflammation, siégeant dans la déchirure annulaire et au niveau du conflit
disco-radiculaire.
La
thermo-modulation par électrode HFR bipolaire ou laser HO-YAG permet la
dénervation des fibres nociceptives situées dans la déchirure annulaire. De
plus, la grande polyvalence de ce type de laser, permet non seulement de pratiquer une cavité de travail
au niveau de l’annulus postérieur, mais également, au besoin, une
foraminoplastie en cas de sténose latérale osseuse.
Pour un
opérateur entraîné, la durée de l’intervention est d’environ 40’. Les suites
sont simples : le lever est précoce (6 à 12 heures), la prise
d’antalgiques est moindre et la durée d’hospitalisation raccourcie (48 à 72
heures).
Le test
discographique est dans notre expérience, essentiel, non seulement pour
confirmer le diagnostic et l’étendue des déchirures annulaires, mais aussi pour
tester les disques adjacents suspects, susceptibles de participer à la
symptomatologie lombaire et/ou radiculaire et qui mériteraient d’être traités. Cependant,
dans cette série, nous n’avons pas retrouvé de critères discographiques pouvant
nous donner des éléments prédictifs statistiquement significatifs.
D’autre part,
il est intéressant de remarquer que dans cette étude, 11 patients sur 15, ayant
déjà auparavant subi un traitement au même étage (dont 7 après chirurgie), ont
eu un résultat satisfaisant, ce qui représente 73%. Cette technique endoscopique pourrait donc être
une alternative à une reprise chirurgicale, permettant ainsi d’éviter le risque
de fibrose.
En ce qui
concerne les échecs (12%), nous n’avons
pas retrouvé de différences significatives entre la population évaluée et ceux-ci,
tant sur le plan clinique que radiologique. Seule la longueur d’évolution des
symptômes a montré une différence très significative (P< 10-4)
avec une moyenne de longueur d’évolution de plus du double dans les échecs (20
mois contre 8,04 mois).
Ces constatations soulèvent le
problème des effets nocifs à long terme, de la compression nerveuse et des phénomènes inflammatoires
favorisés par une néo-vascularisation au niveau de la déchirure annulaire et du
conflit disco-radiculaire. Nous en déduisons que, celle-ci pourraient être un
argument de prise en charge plus précoce des patients, par cette technique
moins invasive.
CONCLUSION
Ces dernières
années, les progrès de la chirurgie de la hernie discale lombaire ont permis de
mettre au point des techniques moins traumatisantes pour le système
musculo-ostéo-ligamentaire : d’abord au moyen du microscope, puis plus
récemment par l’endoscopie.
La voie
transforaminale offre une alternative intéressante ayant pour principal
avantage d’éviter les complications de l’abord endo-canalaire (brèches durales,
hémorragies, fibrose, etc…).
De plus, cette technique est
idéale pour les hernies foraminales et extra-foraminales. Cependant, pour un opérateur
entraîné, toutes les variétés de hernies sont accessibles.
Cette
étude a bien montré que cette technique donne d’aussi bons résultats que la
chirurgie conventionnelle, considérée comme le « gold standard » et
que ceux-ci restent stables 1 an après. De plus, son principal avantage est une
morbidité nettement moindre, avec un taux de réintervention minime.
D’autre part, cette voie d’abord à minima, peut également permettre d’y associer d’autres techniques telles que l’implantation de cages intersomatiques (18) ou d’un néonucléus (nucléoplastie), (19).
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18) Cages
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