éQUILIBRE SAGITTAL DU RACHIS

 

        G.DUVAL-BEAUPèRE

 

L’auteur a démontré que la grande variabilité des courbures sagittales rachidiennes est corrélée à une même grande variabilité anatomique des bassins correspondants. Les courbures sagittales rachidiennes sont quantifiées couramment par des angles de cyphose thoracique et de lordoses lombaire et cervicale. Elle peuvent l’être également et avec beaucoup plus de précision, par des mesures dites « de Gîte » pratiquées à différents niveaux vertébraux. Les paramètres qui décrivent le bassin sont de deux types. Les uns, dits positionnels, sont par définition variables avec l’orientation du bassin dans l’espace, plus ou moins anté ou rétroversé. Les autres, dits anatomiques, sont par définition constants et dépendent du bassin concerné de morphologie bréviligne ou longiligne, selon la distinction anatomique proposée par Sharpy. Deux paramètres anatomiques pelviens corrélés négativement entre eux, s’avèrent déterminants dans les relations du bassin avec le rachis sus-jacent et les coxo-fémorales sous-jacentes, ce sont le paramètre angulaire « Incidence » et le paramètre dimensionnel « épaisseur ». Lorsque l’Incidence est importante les courbures rachidiennes sagittales sont importantes et la pente sacrée plus accentuée et vis et versa. Il existe une véritable chaîne de corrélations ascendantes puis descendantes qui relient tous les paramètres rachidiens aux paramètres pelviens. un seul de ces paramètres est constant et propre à l’individu, c’est l’Incidence, il conditionne de ce fait les variations inter-individuelles des courbures rachidiennes. Ces faits peuvent facilement êtres contrôlés et l’ont été de nombreuses fois depuis leur démonstration.

Cette organisation parfaitement dosée des courbures rachidiennes et de la morphologie pelvienne traduit tout bonnement une recherche d’économie de l’organisme à la fois en terme de dépense énergétique et de minimisation des sollicitations mécaniques exercées sur les disques intervertébraux, les vertèbres et leurs articulaires. C’est par une étude barycentremétrique associée, de chaque sujet précédemment étudié, que l’auteur a pu définir pour chacun les relations entre le parcours de sa « ligne de gravité » et le squelette vertébral et pelvien. Dans ces relations anatomo-gravitaires deux constatations apparaissent capitales: la ligne de gravité en situation normale, passe derrière le rachis lombaire et derrière les coxo-fémorales, minimisant ainsi les pressions discales basses et les efforts musculaires d’équilibration. Le bras de levier de la pesanteur exercée à chaque niveau est bien entendu sous la dépendance des paramètres anthropométriques de l’individu, des valeurs de « gîtes » et de celle du paramètre pelvien dit « épaisseur ».

La dispersion physiologique des paramètres anatomiques pelviens explique bien entendu la dispersion physiologique correspondante des profils rachidiens. Les valeurs extrêmes de ces mêmes paramètres peuvent donner lieu à des situations d’instabilité rachidienne et pelvienne non économiques ou à des évolutions de rupture par excès de courbure ou d’inclinaison.

L’évolution au cours de l’enfance et l’adolescence n’est que rapidement tracée.

Le caractère épigénétique de ces paramètres pelviens est évoqué à l’occasion du leur quantification chez l’australopithèque et quelques singes.

Des abbaques et des équations prédictives sont proposées pour le contrôle clinique de la conformité ou du caractère pathologique de tout profil rachidien.