ETUDE DE LA CINEMATIQUE IN VIVO EN ROTATION AXIALE DU RACHIS LOMBAIRE APRES IMPLANTATION DE PROTHESES DISCALES
SB CHARITE III

Résultats à long terme de 10 à 14 ans de recul

E. Sari-Ali*, JP Lemaire**, H. Carrier*, F. Lavaste*, W. Skalli*

 

 

 

Introduction : Il n’existe pas à ce jour d’études in vivo de la cinématique du rachis lombaire après implantation de prothèses  discales. Les études in vitro montrent que la prothèse SB charité restitue une mobilité normale en flexion extension, mais que la mobilité en rotation axiale est anormalement élevée. Le but de cette étude est de développer un outil permettant de mesurer les mobilités intervertébrales en rotation axiale, puis l’utiliser dans un deuxième temps pour réaliser une étude comparative entre patients prothèsés et sujets sains.

 

Matériel et méthode : Une étude comparative analysant 17 patients porteurs de prothèses L4L5  et 6 volontaires sains a été réalisée. Les patients sont porteurs d’une seule prothèse dans 5 cas et de deux prothèses dans 12 cas. Ils ont été revus avec un recul de 10 à 14 ans (moyenne de 12,5 ans). L’évaluation a été clinique avec deux scores (Coventry et Oswestry) et radiologique. Un  protocole de torsion a été défini pour réaliser des clichés dynamiques du rachis lombaire en torsion droite. On a développé un outil associant une technique de stéréoradiographie et des logiciels de traitement d’images pour calculer les mobilités intervertébrales en rotation axiale ainsi que pour étudier le couplage mécanique avec les autres rotations.

 

Résultats : L’outil d’analyse cinématique permet des calculs avec une précision de 3,6°. Tous les patients sont encore actifs au dernier recul. Les gains relatifs sont de 84,5 % pour le score de Coventry et de 91% pour le score d’Oswestry. L’implantation d’une seule prothèse ne modifie pas la cinématique de l’étage prothèsé ni des étages adjacents. Par contre, l’implantation de deux prothèses modifie la cinématique dans 50% des cas avec une forte augmentation de la rotation axiale et une modification du couplage mécanique avec une forte augmentation de la flexion associée. On ne note pas de dégradations au long cours des étages adjacents à la prothèse. Il n’existe aucun cas de migration ni d’ostéolyse ni de granulome.

 

Conclusion : L’implantation d’une seule prothèse discale SB Charité semble restituer une cinématique identique à celle des sujets témoins ainsi qu’aux données de la littérature. L’implantation de deux prothèses adjacentes modifie la cinématique dans 50% des cas sans conséquences cliniques. Il existe probablement des éléments actifs stabilisateurs des segments rachidiens, non pris en compte dans les études in vitro. Cette prothèse semble être une perspective prometteuse dans le traitement des discopathies sévères limitées à un seul étage.

 

 

 

 

E. Sari-Ali* : Interne des hôpitaux de Paris en chirurgie orthopédique, Ingénieur de l’école centrale de Paris, laboratoire de biomécanique de l’ENSAM.

 

JP Lemaire** : Chirurgien Orthopédiste. Dijon .

 

H. Carrier, Pr F Lavaste, Pr W. Skalli ***: Ingénieurs ENSAM